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Chapitre 08.08 : Sécurité sanitaire des aliments : évaluation des dangers & risques, gestion

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08.08.R04 : Exposition des consommateurs à 16 contaminants inorganiques

L'opinion répandue :

« On parle souvent de polluants organiques persistants ou de pesticides mais on sait peu de choses sur des contaminants comme les métaux lourds présents dans l’eau ou les aliments. »

L'analyse de l'Académie :

« On entend par contaminants inorganiques des métaux ou des métalloïdes dont certains sont parfois qualifiés d’éléments-traces métalliques ou de métaux lourds. Dans le cadre de l’étude EAT2, seize d’entre eux ont été recherchés et détectés dans 79% des 22000 analyses réalisées.

Les différents niveaux de contamination semblent varier (en plus ou en moins) par rapport à des études antérieures, ce qui requiert la poursuite des travaux visant des contaminants estimés mal connus (ex : cobalt) ou ayant déjà attiré l’attention par le passé (ex : mercure ou arsenic inorganique...).

Le cadmium mérite une attention particulière en raison du risque potentiel qu’il représente pour la population adulte. Ce qui incite à augmenter les efforts pour identifier la cause de l’augmentation des contaminations constatées et réduire l’exposition alimentaire.

On remarque également que les conclusions de l’ANSES font fréquemment état de la nécessité d’améliorer les méthodes d’analyse, soit pour en accroître la sensibilité, soit pour en permettre la mise en œuvre en routine. »

Source documentaire :

EAT2 est une enquête de l’alimentation totale réalisée sur fonds publics par l’ANSES en 2006-2007 afin de mesurer l’exposition des consommateurs à 445 contaminants potentiels de l’alimentation

Date de rédaction :

Décembre 2018

Fiche téléchargeable au format PDF, ci-dessous :

PDF icon 08.08.r04_exposition_16_contaminants_inorganiques.pdf

08.08.R05 : Exposition des consommateurs aux mycotoxines : Extrait de la synthèse des résultats de EAT2 publiée par l’ANSES le 21 juin 2011

L'opinion répandue :

« On ne sait pas ce que sont mycotoxines, ni le risque toxique qu'elles représenteraient pour la population. »

L'analyse de l'Académie :

« Les mycotoxines sont des métabolites secondaires des moisissures qui contaminent les denrées végétales. Certaines d’entre elles sont très toxiques. Elles peuvent persister sur la denrée alimentaire bien après la disparition de la moisissure et résistent à de très fortes températures lors de la cuisson.

L’étude EAT2 a recherché 25 mycotoxines ou substances dérivées de mycotoxines différentes.

Il semble que le niveau de contamination par certaines mycotoxines des denrées alimentaires ou produits finis ait baissé en raison de la mise en œuvre de réglementations nouvelles qui encadrent leur teneur maximale dans les aliments. Pour d’autres cependant, le niveau de contamination reste préoccupant et le risque pour le consommateur ne peut être exclu. Il est essentiel de reconduire des enquêtes périodiques sur l’exposition de la population à ce type de substances car l’importance de leur présence dans les aliments est fortement influencée par les conditions climatiques de la campagne de production. »

Source documentaire :

EAT2 est une enquête de l’alimentation totale réalisée sur fonds publics par l’ANSES en 2006-2007 afin de mesurer l’exposition des consommateurs à 445 contaminants potentiels de l’alimentation

Date de rédaction :

Décembre 2018

Fiche téléchargeable au format PDF, ci-dessous :

PDF icon 08.08.r05_exposition_aux_mycotoxines.pdf

08.08.R06 : Exposition des consommateurs aux pesticides : Extrait de la synthèse des résultats de EAT2 publiée par l’ANSES le 21 juin 2011

L'opinion répandue :

« Tous les aliments sont contaminés par des pesticides qui représentent un risque majeur pour la santé des consommateurs. »

L'analyse de l'Académie :

« L’étude EAT2 a recherché la présence de 283 pesticides dans 194 types d’aliments différents :

  • 210 pesticides, soit 74%, n’ont pas été détectés;
  • 73 pesticides ont été détectés dans moins de 1% des 146 000 analyses réalisées ;
  • Des traces d’au moins un pesticide ont été détectées dans la moitié des aliments analysés. Les pesticides les plus fréquemment retrouvés sont des substances autorisées : pyrimiphos-méthyl, chlorpyriphos-méthyl, iprodione, carbendazime et imazalil.

Pour 1/283 pesticides recherchés, le diméthoate, le risque ne peut être écarté d’effet sur la santé humaine.

Pour 9/283 pesticides recherchés, le risque ne peut être évalué en raison de la sensibilité insuffisante des méthodes analytiques. »

Source documentaire :

EAT2 est une enquête de l’alimentation totale réalisée sur fonds publics par l’ANSES en 2006-2007 afin de mesurer l’exposition des consommateurs à 445 contaminants potentiels de l’alimentation

Date de rédaction :

Décembre 2018

08.08.R07 : Limites de qualité de l’eau de boisson, selon la Directive européenne 98/83 et le décret 2001-1220

L'opinion répandue :

Les normes de qualité de l’eau de boisson montrent une très faible tolérance à la présence de substances phytopharmaceutiques ce qui confirme la dangerosité de ces dernières et incite à renforcer les normes de qualité.

L'analyse de l'Académie :

 La surveillance de la qualité des eaux de boisson porte sur les points suivants :
Recherche prioritaire de bactéries (ex : Escherichia coli) pouvant entrainer des maladies (ex: gastro-entérites...) chez le consommateur de l’eau ;
Mesure de l’agressivité, en particulier pour les eaux très peu calcaires pouvant entrainer une corrosion des canalisations métalliques (plomb, cuivre…) ;
Connaissance de la teneur en fluor : un apport modéré de cet oligo-élément naturellement présent dans l’eau est bénéfique pour la santé et un apport complémentaire parfois nécessaire ;
Surveillance des nitrates provenant de la dégradation des composés d’origine végétale, animale ou humaine mais aussi des fertilisants minéraux ou organiques des cultures. La teneur doit être inférieure à 50 mg/litre. Leur dangerosité au-delà de ce seuil est contestée par des études récentes;
Pour l’ensemble de ces composés, la concentration maximale acceptée est basée sur des études toxicologiques : il s’agit de la concentration maximale sans effet sanitaire, même si le consommateur s’abreuvait toute sa vie avec de l’eau à cette concentration.
Les produits de protection des cultures (pesticides) : pour que l’eau soit considérée de qualité, leur concentration individuelle ne doit pas dépasser 0,1 µg/litre qui est souvent la limite de détection analytique et ensemble, 0,5 µg/litre. Ces valeurs ne dépendent pas de la toxicité des produits. Si une substance dépasse 0,1 µg/litre, cela ne signifie donc pas que l’eau est dangereuse pour la santé. Une valeur sanitaire, la Vmax, est fixée à partir de l’évaluation réelle du risque selon les recommandations de l’Anses (agence nationale de sécurité environnement-santé). Elle est toujours très supérieure à 0,1 µg/litre (par exemple dans le cas du glyphosate, elle est de 900 µg/litre, soit 9000 fois la norme européenne).  Il arrive encore assez fréquemment  que la norme européenne de 0,1 µg/L soit dépassée, mais les concentrations observées sont toujours très inférieures aux Vmax

Fiche téléchargeable au format PDF, ci-dessous :

PDF icon 08.08.r07_limites_qualite_eau_de_boisson.pdf

08.08.R08 : L’ergot et ses alcaloïdes

Opinion répandue...
« Au Moyen-Age, le mal des ardents ne concernait que le seigle ; cette maladie a disparu de nos jours. » 
Notre analyse
     L’ergot est un champignon qui parasite le seigle, mais parfois d’autres céréales. Il remplace une partie des grains atteints par des sclérotes porteurs d’alcaloïdes très toxiques. Après moisson, le criblage du grain permet de réduire nettement la proportion des sclérotes de grande taille dans les lots commercialisés, mais ne suffit pas à éliminer les organes de petite taille et leurs fragments qui contaminent ensuite les farines et les aliments qu’elles servent à confectionner.
     Afin de préserver la santé des consommateurs, la Commission européenne a voté des textes de plus en plus contraignants, dont la dernière version est applicable au 1er juillet 2024 (sous réserve).
     Pour l’alimentation animale, la teneur maximale en sclérotes d’ergot a été fixée à  1 g/kg dans les céréales non moulues.
     Pour les semences, on tolère toujours 3 sclérotes ou fragments de sclérotes par  500 g de semences certifiées et seulement 1 sclérote ou fragment de sclérotes pour 500 g de semences de base.
 

Fiche téléchargeable au format PDF, ci-dessous :

PDF icon 08.08.r08_ergot_alcaloides.pdf

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