
Sociologie, éthique environnementale, dimension éthique des rapports aux animaux
Directeur de recherche honoraire de l'INRA
Président du Conseil scientifique du Parc national du Mercantour
Raphaël Larrère est décédé début janvier. La cérémonie a eu lieu le lundi 20 janvier au crématorium du Père-Lachaise à Paris.
Après des études à l’Agro, spécialisé en zootechnie, Raphael Larrère a été recruté à l’Inra comme assistant en économie. Il rejoint à l’Agro Marcel Mazoyer et René Dumont dans le laboratoire associé à la chaire d’agriculture comparée et développe des travaux sur les systèmes agraires et leurs transformations.
Affecté à Theix (près de Clermont-Ferrand) puis à Orléans, il développe des recherches novatrices sur la déprise agricole et l’emprise forestière, l’insertion des forêts dans les systèmes agraires, l’histoire des forêts et des politiques de la forêt, les usages et les représentations de la forêt. Il co-publie Cueillir la montagne en 1985. À son retour au début des années 80 en région parisienne, où il assure plusieurs années la direction d'une unité de recherche, ses travaux s’étendent à l’histoire de la protection de la nature, à l’analyse des débats et conflits qu’elle engendre, les risques technologiques, les dispositifs nouveaux de la protection de la nature. Il y développe une réflexion originale sur l'intégration du vivant dans l'analyse des sociétés. Ses recherches, toujours aux frontières, étaient une source d'inspiration inépuisable. Avec son épouse, Catherine Larrère, ils publient en 1997 Du bon usage de la nature. Pour une philosophie de l’environnement, et surtout Penser et agir avec la nature. Une enquête philosophique en 2015. Puis il travaille à différentes questions d’éthique environnementale, dont le bien-être animal et les organismes génétiquement modifiés. Il a été membre du conseil scientifique de l’Inra, du comité d’histoire de l’Inra et du Cirad, qu’il a présidé pendant plusieurs années au moment de sa création. Son dernier ouvrage est Le Pire n’est pas certain. Essai sur l'aveuglement catastrophiste, coécrit avec Catherine Larrère (2023). A l’académie, il s’était notamment impliqué dans les débats sur le statut de l’animal.
Chantal Gascuel et Bernard Hubert

