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Interview de Jacques Risse, Président de l'Académie pour l'année 2007, par Jean-François Colomer, Responsable de la Communication

Élu Président de l'Académie pour l'année 2007, Jacques Risse est membre de la Section 8 (Filières alimentaires), Maire d'une commune rurale de Corrèze, Vice Président du conseil d'administration de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort et Officier de la Légion d'Honneur.
Qu'avez vous fait avant d'être élu Président de l'Académie d'Agriculture ?
J'ai une formation de vétérinaire avec une spécialisation en élevage et alimentation animale que j'ai complétée par des études commerciales. Ma carrière professionnelle a débuté comme vétérinaire libéral pendant 5 années en Corrèze. Mais j'ai opté ensuite pour l'industrie, principalement dans les abattoirs et l'alimentation du bétail. J'ai également présidé de nombreuses structures professionnelles et interprofessionnelles en France et à l'échelon européen dans le secteur avicole. J'ai également fait partie du comité d'experts sur la réforme du droit alimentaire, du conseil supérieur de la spécialisation vétérinaire et du comité national des IGP. Jean-Pierre Soisson, ministre de l'Agriculture, m'a demandé de rejoindre son cabinet comme conseiller technique pour suivre les productions animales, la Corse et le PMU. Enfin j'ai écrit de nombreux ouvrages depuis un traité d'alimentation animale jusqu'aux "professions médicales en politique" en passant par une "histoire de l'élevage français", "les animaux ont la parole" et une biographie du "petit père Combes".
Comment est, selon vous perçue l'Académie et quel doit être son rôle ?
J'ai rencontré des gens de tous les horizons et je constate que l'Académie d'Agriculture est inconnue, voire méconnue, y compris dans nos milieux proches. Ceux qui ont entendu parler de notre compagnie ne savent pas très bien ce qui s'y passe et me demandent de mieux la valoriser. Notre Académie doit, soit qu'on le lui demande, soit qu'elle s'autosaisisse, prendre en compte tous les problèmes qui se posent à l'agriculture et au monde rural. Elle doit faire connaître ses avis, et cela dans un délai raisonnable. Nous ne devons pas hésiter à donner notre opinion et à formuler des recommandations sur toutes les questions importantes qui touchent à l'agriculture, l'alimentation et l'environnement. C'est la meilleure manière de mieux nous faire connaître et reconnaître. Je vais m'y employer, avec le Secrétaire Perpétuel, tout au long de cette année.
Quels sont les grands sujets que doit aborder l'Académie et sur lesquels doit-elle se positionner ?
Les sujets sont très ouverts: la question des OGM, la mondialisation, le réchauffement climatique, les riques alimentaires... Nous sommes tout à la fois confrontés à l'expression d'une "contestabilité" et d'une "acceptabilité" sociales. Aujourd'hui on ne présente pas les avancées scientifiques et technologiques de manière à ce quelles puissent être reconnues et adoptées par l'opinion publique. Sur les OGM, on n'a pas été assez transparent, on les a mal expliqués. Notre Académie aurait du se prononcer de manière claire et nette. Nous aurions pu alors nous positionner comme des précurseurs et montrer ainsi la voie aux différents interlocuteurs de la production, de la transformation, de la distribution et de la consommation.