Vous êtes ici

Dans quelle mesure la filière forêt bois peut-elle atténuer le changement climatique ?

10/12/2025 à 14h30
Proposition en partenariat entre le groupe de travail académique sur les forêts et les sections associées.

Dans quelle mesure la filière forêt-bois peut-elle atténuer le changement climatique ? Cette question est discutée depuis l’origine de la convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui a été signée en 1992, adoptée en 1994 et promeut, dans son article 4, « le renforcement des puits et réservoirs de gaz à effet de serre […], notamment […] les forêts ». Depuis lors, elle a été déclinée au sein de toutes les réflexions et mesures concernant l’utilisation des terres. Elle a été réaffirmée en 2015 par l’accord de Paris et encore récemment (2020) développée dans le rapport spécial du GIEC sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres. Celui-ci relève que « la gestion durable des forêts peut maintenir ou accroître les stocks de carbone forestiers, et maintenir les puits de carbone forestiers, entre autres par le transfert du carbone dans les produits du bois [… qui] peuvent stocker du carbone sur le long terme et […] se substituer à des matériaux à forte intensité d’émission, réduisant les émissions d’autres secteurs ». Par ailleurs, ce rapport définit la gestion durable des terres comme « la gestion responsable et l’utilisation des ressources terrestres, y compris les sols, l’eau, les animaux et les végétaux, en vue de faire face à l’évolution des besoins humains, tout en assurant simultanément le potentiel productif à long terme de ces ressources et le maintien de leurs fonctions environnementales ».
Ces précisions posent clairement la problématique : la filière forêt-bois a la capacité de contribuer à l’atténuation du changement climatique ; cette contribution porte sur un puits de carbone consolidé au niveau de l’ensemble de l’atmosphère, qui intègre donc tous les effets de la gestion forestière au-delà du seul puits forestier ; elle s’inscrit également dans le cadre d’une gestion durable s’attachant à réaliser un compromis à long terme entre besoins humains et maintien des fonctions environnementales.
Mais ces précisions n’ont pas empêché de vifs débats entre différentes parties prenantes sur leur déclinaison à la filière forêt-bois. Il faut en chercher l’origine dans la multiplicité des interprétations possibles des concepts utilisés, dans la difficulté de quantification des processus à l’œuvre, dans le caractère très interdisciplinaire de l’approche globale qui s’impose, dans la variété des sensibilités appelées à s’exprimer sur ce sujet… L’objectif de la présente séance publique consiste à mettre en évidence les principes essentiels de l’analyse pour déboucher sur quelques conclusions simples, claires et partageables sur les deux fondements suivants :
• les contributions de la filière forêt-bois à l’atténuation du changement climatique sont variées et méritent de faire l’objet d’objectifs différenciés (réduction des défrichements, boisement, renforcement de la matière organique des sols, productivité et variation des stocks de biomasse vivante, de biomasse morte, de produits en bois, substitution de bois à des produits mobilisant des ressources fossiles, prévention des risques) ;
• pour autant, elles ne constituent, au sein des efforts globaux à faire, qu’une fraction dont il importe de fixer le niveau, selon la nature de chacune d’elles et les contraintes qui s’y appliquent, dont l’obligation de gestion durable qui suppose de prévenir les risques en général et de relativiser le poids de l’atténuation du changement climatique sur la sylviculture.

Retrouvez-nous en direct à partir de 14h30 sur notre chaîne YouTube :

https://www.youtube.com/channel/UCxERz8wtBBH9VXfgJOfVODA

Exposé(s)
Comment évolue le puits de carbone des forêts françaises ?
Mélanie JUILLARD, , Experte au CITEPA du suivi des forêts et terres, Responsable de l’unité UTCATF.
Le stock de matière organique des sols forestiers peut-il encore augmenter ?
Laurent AUGUSTO, , Directeur de recherche INRAE, Unité mixte de recherche ISPA (Interactions sol plante atmosphère).
La substitution de bois à des produits énergivores est-elle efficace ?
Gérard DEROUBAIX
Quelles politiques publiques sont à l’œuvre ou envisagées ?
Michaël THIERY, Sous-Directeur de l’action climatique et Alec BICKERSTETH, Chargé de mission forêt et climat , Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) au Ministère en charge de la transition écologique
Voir les CV des intervenants
Conclusion