Séance labellisée au titre de la journée/semaine internationale des forêts.
Cette séance publique s’inscrit à l’intersection de trois des thèmes du projet stratégique de l’Académie d’agriculture de France : « Nouvelles approches agroécologiques et sylvoécologiques », « Changement climatique : adaptation et atténuation » et « Productions agricoles, sylvicoles, aquacoles et filières ».
Recelant une riche biodiversité, les écosystèmes forestiers procurent des ressources naturelles renouvelables et de multiples autres services. Ils sont cependant soumis à de profonds changements sous l’effet plus ou moins direct des activités humaines. Qu’on les observe sous un angle écologique ou économique, deux visions apparaissent : l’une se concentre sur la recherche d’une certaine stabilité du système, fondée sur des équilibres ou des successions cycliques, tandis que l’autre appréhende les perturbations auxquelles est soumis le système et en réaction auxquelles il fait preuve de résilience, c’est-à-dire de sa capacité à s’adapter en mobilisant ses processus fonctionnels (Holling,1973).
Considérée à long terme et donc sous l’angle de la démarche stratégique et planificatrice dite d’aménagement forestier, la gestion forestière s’est largement construite autour de la première de ces deux visions, recherchant une stabilité globale à long terme. Cependant, les changements à l’œuvre incitent à se tourner vers la seconde, promouvant la résilience, pour la combiner, plutôt que la substituer, à la première.
Quelle diversité favoriser pour faire face à l’incertitude et conserver à la forêt toutes ses fonctionnalités ? Quelle place accorder encore au long terme dans un contexte évolutif et ambigu ? Quelles conséquences en tirer pour l’organisation des transitions en cours et à venir ? En quoi réviser les modalités pratiques de l’action forestière ? Quel suivi mettre en place et quelles analyses nouvelles introduire pour mieux prendre en compte évolutions et incertitudes ? Quelles conclusions en tirer du point de vue du modèle économique de la gestion forestière ? Voilà une série de questions auxquelles cette séance prétend apporter des éléments de réponse.
Les changements en cause sont de plusieurs natures très différentes et concernent : (i) les rejets résultant des activités humaines à l’origine de pollutions plus ou moins localisées et d’une modification de l’atmosphère, donc du climat ; (ii) l’occupation des sols qui peut être bouleversée (enfrichement, défrichement, destruction d’habitats, reboisement) ou modifiée (introduction d’espèces, simplification, surexploitation ou, au contraire, libre évolution…) ; (iii) les attentes d’une société qui elle-même évolue non seulement dans sa demande de biens et services (sollicitations d’ailleurs sous-jacentes aux deux points précédents), mais aussi dans son désir de participer aux processus décisionnels. La problématique de l’adaptation des forêts à ces changements environnementaux et sociétaux mérite d’être déclinée aussi bien sous l’angle de la biodiversité, dont la protection et la gestion font l’objet de stratégies à adapter à ce nouvel environnement, que de la gestion forestière.
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Professeur au Muséum national d’histoire naturelle, président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité









